Traditionnellement c'est l'opposition qui politisait les Municipales. Cette année Nicolas Sarkozy a innové en affichant sa volonté de faire de ces élections un test national sur sa politique. Cassant la figure du Président "homme au-dessus des partis", il n'a pas hésité à justifier son attitude en déclarant que "le concept d'élection apolitique n'a pas de sens". Peu convaincant sur le pouvoir d'achat, surexposé médiatiquement, décalé sur les questions d'éthique (*), Nicolas Sarkozy a fini par dilapider la dynamique acquise lors de l'élection de mai. Et il a réussi la prouesse de devenir impopulaire sans toutefois avoir pris de décision réellement impopulaire. D'où le spectaculaire retournement opéré par le Président qui désormais ne souhaite plus s'impliquer dans les Municipales. Car chacun sait qu'au soir du premier et second tour de ces élections, journalistes et états-majors politiques comptabiliseront les votes acquis parti par parti, en y voyant une éventuelle sanction électorale. De nombreux analystes politiques ont établi un lien entre l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981 et les victoires de la gauche aux Cantonales de 1976 et Municipales de 1977, mettant en évidence un effet sur le long terme de ces élections.
Ceci dit seul un Français sur trois considère qu'il s'agit véritablement d'un test national. A Bourg-la-Reine la liste "Un élan partagé", réunissant le Parti socialiste, les Verts, le MoDem, le PRG et des membres de la société civile, ne souhaite pas faire de cette élection un référendum sur la politique menée par Nicolas Sarkozy (**). Il s'agit plutôt de poser les bonnes questions concernant une ville en sommeil, ou pour reprendre l'expression employée par la tête de liste Denis Peschanski, une "ville que l'on traverse".
Parmi les négligences de la gestion de la majorité actuelle, rappelons l'affaire du marché. Comme on peut le lire dans le dernier numéro des Nouvelles de Bourg-la-Reine "en sept ans, le délégataire peut donc compter sur un bénéfice brut de plus d’un million d’euros (plus de 6,5 millions de francs). Il s’agit à l’évidence d’un contrat très inégalitaire. Avec deux victimes : les commerçants du marché et les clients du marché. Les premiers, en payant de tels droits au concessionnaire, doivent pour partie rogner leurs marges. Les seconds sont doublement pénalisés s’ils sont réginaburgiens : ils paient plus cher les produits, et les recettes fiscales de la ville sont amputées".
Ensuite comment se fait-il qu'un des lieux les plus peuplés de Bourg-la-Reine, le quartier des Bas-Coquarts, soit aussi un des moins bien desservis par les transports en commun? De plus les Bas-Coquarts sont situés sur une hauteur, ce qui complique son accès pour les personnes agées ou en situation de handicap.