Sihem Habchi, présidente de l'association Ni putes ni soumises s'exprime sur l'insulte de Patrick Devedjian à l'égard de la Conseillère régionale du Modem Anne-Marie Comparini.
«Il est triste de constater que ces paroles restent néanmoins plus dangereuses dans la bouche d’un responsable politique censé garantir le respect de nos concitoyens et défendre la dignité là où elle est bafouée. Ces petites phrases assassines, ces comportements révèlent le long chemin qui reste à parcourir pour les femmes en politique. Un an avant ma naissance, Simone Veil, alors ministre de la Santé, est insultée publiquement par des députés quand elle défend la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Depuis, le monde a changé, le mur de Berlin est tombé, mais le sexisme ordinaire le plus honteux est toujours présent. En 2006, j’assiste comme de nombreuses femmes effarées aux insultes essuyées par Ségolène Royal de la part de ses “compagnons”. Jean-Luc Mélenchon et Patrick Devedjian ont au moins un point commun : ce machisme rétrograde qui freine la rénovation de nos institutions. Les filles des cités ont trop longtemps souffert de la loi du silence pour laisser libre cours au machisme ordinaire dans les couloirs de la République. J’attends des responsables politiques des sanctions exemplaires envers monsieur Devedjian, afin que la République du respect, que nous souhaitons tous, ait un sens pour notre jeunesse.»
Il me semble que la comparaison entre le "cette salope !" de Devedjian, et le "ce n'est pas un concours de beauté" de Mélenchon est pour le moins discutable.<br />
Même si le commentaire de Mélenchon est douteux.
"La présidence de la République n'est pas un concours de beauté" JL Mélenchon Ci-dessous un article de Libération le relatant. http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/210115.FR.php Otage<br />
Par Jean-Michel THENARD<br />
QUOTIDIEN : Jeudi 12 octobre 2006 - 06:00<br />
C'est un scénario que caressent aujourd'hui des partisans de Jospin. Ils imaginent qu'investie par le PS, Ségolène Royal dévoilerait sa vraie nature. Son absence de carrure présidentielle apparaîtrait à mesure que son incompétence sur la conduite des affaires de l'Etat se manifesterait. Les yeux de l'opinion seraient alors dessillés, la bulle Royal exploserait, et le peuple de gauche appellerait Jospin à la rescousse. Quelle revanche ! <br />
Le scénario participe d'un postulat bien masculin : en matière de compétence, les femmes ont tout à prouver, rien ne leur est donné d'avance, pas même le bénéfice du doute. Surtout quand elles postulent à des fonctions monarchiques où l'histoire n'a installé que des hommes qui en ont déduit qu'elles leur revenaient de droit. Dès l'évocation de sa candidature, Royal s'était reçu quelques amabilités, du «qui va garder les enfants» de Fabius au «concours de beauté» de Mélenchon. Le florilège a contribué à sa fortune, le ton moqueur des éléphants ne trompant personne quant à la réalité de leur machisme. La socialiste en a joué et elle a eu raison. Mais il ne faudrait pas, à l'inverse, que sa féminité soit sa seule arme, car elle prendrait alors en otage toutes les femmes.<br />
Un échec éventuel ne serait pas le sien, mais celui de la gent féminine en général. Cela serait du machisme à rebours. Quand les hommes politiques lassent, ne pas en être un est un atout. Mais cela ne dispense pas d'avoir des positions. Par exemple, sur l'entrée de la Turquie dans l'UE, sur laquelle la candidate, hier, a refusé de se prononcer. Quand elles n'avaient pas le droit de vote, personne ne s'inquiétait de l'opinion des femmes ; mais, quand elles se présentent aux suffrages, c'est étrange de n'en revendiquer aucune sauf à vouloir caricaturer la féminité. <br />