Le Parti Socialiste de Bourg-la-Reine, Hauts-de-Seine (92)
Dans la course à la présidentielle, Nicolas Sarkozy a proposé son aide à Jean-Marie Le Pen et Olivier Besancenot pour l'obtention des 500 signatures. Ce dernier ne représentant aucun enjeu pour l'UMP sert-il d'alibi à la main tendue au FN ?En baisse dans les sondages avec la remontée de Ségolène Royal et François Bayrou qui engrange petit à petit, Nicolas Sarkozy vient de lâcher une bombe. Afin de continuer à courtiser l'électorat d'extrême droite le patron de l'UMP a déclaré vouloir aider Jean-Marie Le Pen dans sa quête des parrainages. Il n'est d'ailleurs pas exclu que Le Pen cherche, comme à chaque élection, à se poser en victime du système alors qu'il dispose déjà du précieux sésame. Durant ces 40 dernières années, l'intéressé n'a jamais raté une occasion de théâtraliser ses malheurs et de se donner en spectacle. Pour son plus grand plaisir. La nouveauté de cette élection réside dans le fait que cette fois-ci, une des plus grosses écuries politiques du pays, tend ouvertement la main à un parti d'extrême droite.
Ce choix politique soulève un nombre important de questions. D'abord l'UMP a toujours fortement revendiqué son héritage et ses valeurs gaullistes. Elle est elle-même héritière du RPR de Jacques Chirac qui a de tout temps et sans aucune ambigüité fermé la porte au nez de Le Pen. On se souvient du refus du traditionnel débat entre les deux tours de la présidentielle de 2002. Difficile de voir en Nicolas Sarkozy l'homme porteur des valeurs gaullistes alors qu'il tourne le dos à une ligne politique vieille de plus de 60 ans ! Mais quel est au juste le problème de fond du FN ? Comment se fait-il qu'un parti pouvant prétendre à 15% des intentions de vote au niveau national ne puisse pas obtenir 500 signatures soit moins de 2% des 45000 élus ? Pendant des années Jean-Marie Le Pen n'a pas hésité à jouer avec certaines valeurs sacrées de la société française : le racisme, l'antisémitisme, la négation de l'holocauste, l'apologie de la torture, ... Même si le Front National cherche aujourd'hui par le biais de quelques artifices à se donner une image respectable, il n'est pas totalement revenu en arrière, et n'a jamais dénoncé ses égarements d'hier comme des insanités. Un changement de forme mais pas de fond en somme. C'est pourtant ce que l'on est en droit d'attendre et l'attitude de Nicolas Sarkozy parrainant Le Pen rend caduc tout retour en arrière, toute remise en cause de la part du Front National. Ce geste risque fort d'ancrer dans le paysage politique français certains de ses aspects les plus détestables. Une vraie banalisation.
Le patron de l'UMP prétendait hier « vouloir aller chercher un par un les électeurs du Front National » tout en combattant ses idées, le voilà totalement décrédibilisé. Pire encore, il se lie à l'extrême droite irrémédiablement. Bruno Mégret n'a pas raté l'occasion en disant que Nicolas Sarkozy devait donner l'exemple en offrant sa signature de Conseiller Général. Le prix politique d'un tel choix pourrait s'avérer énorme pour le patron de l'UMP en transformant le second tour en plébiscite contre l'extrême droite, comme en 2002...
A savoir
Pour se présenter, le candidat à la présidence de la République doit :
1) ne pas être privé de ses droits civiques concernant l'éligibilité ;
2) avoir au moins 23 ans ;
3) être inscrit sur les listes électorales ;
4) recueillir au moins 500 parrainages d'élus ;
Ces élus sont : députés, sénateurs, maires, présidents des organes délibérants des communautés urbaines, des communautés d'agglomération, des communautés de communes, conseillers généraux, conseillers régionaux, membres du Parlement européen élus en France et ressortissants français, élus des assemblées corse ou d'Outre-mer.
Le nombre de signataires potentiels est d'environ 45 000 personnes dont 36 000 maires. Ces parrainages doivent venir d'au moins trente départements ou collectivités d'outre-mer différents sans que plus d'un dixième d'entre eux soit issu du même département ou de la même collectivité d'outre-mer. Un élu ne peut parrainer qu'un seul candidat et n'apporter à ce dernier qu'un seul parrainage même s'il cumule différents mandats.